L’analyse de François-Louis Tremblay

Le premier week-end de coupe du monde en courte piste à Salt Lake City la semaine dernière nous a donné beaucoup d’éléments à décortiquer. L’analyste que je suis désormais (à défaut de pouvoir moi-même gagner des courses dans mon vieux corps quasi quadragénaire) vous offre en primeur une liste de conclusions évidentes et d’autres moins, à la suite des résultats de la semaine dernière.

  • Kim va vite (conclusion très évidente)

Oui, elle va pas mal vite. Vous l’avez vu faire son record du monde? Je dois humblement avouer que mon moi-même de 2013 aurait été stressé de perdre contre la Kim de 2019 tellement les temps qu’elle fait se rapprochent des meilleurs temps des hommes il y a peine 2 cycles olympiques. Elle est la première femme à patiner sous les 42 secondes au 500 mètres. Peu importe qui battra ce record dans le futur (parce qu’inévitablement ce jour viendra), elle demeurera à jamais celle qui a franchi cette barrière la première. Elle a de quoi être fière.

  • Kim va gagner pas mal d’autres médailles d’or (évidence ultime)

La saison est encore jeune et je fais des efforts pour ne pas trop m’emporter. Veuillez pardonner mon enthousiasme, mais bon… Avez-vous vu une seule faille dans ses courses depuis le début de l’année? Pas moi! Souhaitons que la semaine passée soit représentative du reste de l’année.

  • Charles Hamelin est de retour (conclusion pas si évidente)

Pour un néophyte du patinage, l’absence de Charles des podiums individuels peut sembler inhabituelle. Pour avoir vécu le même genre de blessure pendant l’été 2009 avant les jeux de Vancouver, je peux témoigner en sa défense. Le chemin du retour vers les podiums après avoir manqué des semaines complètes d’entraînement, alors que tous les autres s’entraînent à fond de train et progressent à une vitesse fulgurante n’est pas une mince affaire. Après des blessures aux jambes cet été, la présence de Charles dans la finale du 1500m en 4e position est plus qu’honorable à sa première compétition de l’année. Avec ce premier test passé, les prochains mois lui permettront de rattraper le reste du « pack ».

  • La ronde des qualifications du vendredi n’est plus une formalité (évidence crève-cœur)

À voir comment se déroulaient les rondes de qualifications la semaine dernière, cette conclusion m’a sauté aux yeux. Il y a eu beaucoup de chutes, de disqualifications et de non-qualifications de la part de nos Canadiens autant chez les hommes que chez les femmes. L’époque où les courses de « qualifs » n’étaient qu’un échauffement pour l’ensemble des patineurs canadiens semble révolue. Mais lisez bien, ceci n’est pas un reproche. Il y a tellement de bonnes nations qui foulent désormais la glace en Coupe du monde que ce n’était qu’une question de temps avant que les choses se compliquent pour tous dès la première course. Ça ajoute au spectacle et c’est tant mieux.

  • Victor An est increvable (une confirmation de plus)

Une partie de moi est heureuse de le voir revenir sur la glace après 2 ans de retraite. Il a déjà une médaille d’argent en poche au 500 mètres. Bravo pour le retour réussi. Reste que je ne peux détourner mon attention du scandale du dopage russe et leur disqualification des Jeux de Pyeongchang lorsque j’entends son nom. Sur le sujet du dopage, certains ont la mémoire longue et d’autres pas. Je sais de quel côté je me trouve. À 33 ans il demeure tout de même un phénomène sur glace. Il donnera certainement un bon spectacle ce week-end.

  • Champion(ne) mondial(e) : dernière chance à Séoul en mars

Avec le changement de cap de l’ISU sur le format des Championnats du monde tenus en fin d’année, les patineurs émergents comme Steven Dubois rêvent de mettre la main sur le titre avant que celui-ci ne soit relégué au passé. Les Championnats du monde qui auront lieu à Séoul en mars prochain seront les derniers qui couronneront un champion du monde au cumulatif de quatre distances. Ce sera en même temps la disparition du 3000 mètres qui n’est couru qu’à cette compétition et dans ce format. Moribonde depuis quelques années déjà, je ne serai pas de ceux qui vont s’ennuyer de cette distance devenue ennuyeuse à bien des égards. Mais le prestige lui, demeure.

La coupe du monde à Montréal cette fin de semaine servira donc de préparation pour cette ultime compétition. Mieux vaut s’y préparer, car il n’y aura plus de prochaine fois.

Billets au www.courtepiste.ca ou à la porte