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L’analyse de François-Louis Tremblay

Le premier week-end de coupe du monde en courte piste à Salt Lake City la semaine dernière nous a donné beaucoup d’éléments à décortiquer. L’analyste que je suis désormais (à défaut de pouvoir moi-même gagner des courses dans mon vieux corps quasi quadragénaire) vous offre en primeur une liste de conclusions évidentes et d’autres moins, à la suite des résultats de la semaine dernière.

  • Kim va vite (conclusion très évidente)

Oui, elle va pas mal vite. Vous l’avez vu faire son record du monde? Je dois humblement avouer que mon moi-même de 2013 aurait été stressé de perdre contre la Kim de 2019 tellement les temps qu’elle fait se rapprochent des meilleurs temps des hommes il y a peine 2 cycles olympiques. Elle est la première femme à patiner sous les 42 secondes au 500 mètres. Peu importe qui battra ce record dans le futur (parce qu’inévitablement ce jour viendra), elle demeurera à jamais celle qui a franchi cette barrière la première. Elle a de quoi être fière.

  • Kim va gagner pas mal d’autres médailles d’or (évidence ultime)

La saison est encore jeune et je fais des efforts pour ne pas trop m’emporter. Veuillez pardonner mon enthousiasme, mais bon… Avez-vous vu une seule faille dans ses courses depuis le début de l’année? Pas moi! Souhaitons que la semaine passée soit représentative du reste de l’année.

  • Charles Hamelin est de retour (conclusion pas si évidente)

Pour un néophyte du patinage, l’absence de Charles des podiums individuels peut sembler inhabituelle. Pour avoir vécu le même genre de blessure pendant l’été 2009 avant les jeux de Vancouver, je peux témoigner en sa défense. Le chemin du retour vers les podiums après avoir manqué des semaines complètes d’entraînement, alors que tous les autres s’entraînent à fond de train et progressent à une vitesse fulgurante n’est pas une mince affaire. Après des blessures aux jambes cet été, la présence de Charles dans la finale du 1500m en 4e position est plus qu’honorable à sa première compétition de l’année. Avec ce premier test passé, les prochains mois lui permettront de rattraper le reste du « pack ».

  • La ronde des qualifications du vendredi n’est plus une formalité (évidence crève-cœur)

À voir comment se déroulaient les rondes de qualifications la semaine dernière, cette conclusion m’a sauté aux yeux. Il y a eu beaucoup de chutes, de disqualifications et de non-qualifications de la part de nos Canadiens autant chez les hommes que chez les femmes. L’époque où les courses de « qualifs » n’étaient qu’un échauffement pour l’ensemble des patineurs canadiens semble révolue. Mais lisez bien, ceci n’est pas un reproche. Il y a tellement de bonnes nations qui foulent désormais la glace en Coupe du monde que ce n’était qu’une question de temps avant que les choses se compliquent pour tous dès la première course. Ça ajoute au spectacle et c’est tant mieux.

  • Victor An est increvable (une confirmation de plus)

Une partie de moi est heureuse de le voir revenir sur la glace après 2 ans de retraite. Il a déjà une médaille d’argent en poche au 500 mètres. Bravo pour le retour réussi. Reste que je ne peux détourner mon attention du scandale du dopage russe et leur disqualification des Jeux de Pyeongchang lorsque j’entends son nom. Sur le sujet du dopage, certains ont la mémoire longue et d’autres pas. Je sais de quel côté je me trouve. À 33 ans il demeure tout de même un phénomène sur glace. Il donnera certainement un bon spectacle ce week-end.

  • Champion(ne) mondial(e) : dernière chance à Séoul en mars

Avec le changement de cap de l’ISU sur le format des Championnats du monde tenus en fin d’année, les patineurs émergents comme Steven Dubois rêvent de mettre la main sur le titre avant que celui-ci ne soit relégué au passé. Les Championnats du monde qui auront lieu à Séoul en mars prochain seront les derniers qui couronneront un champion du monde au cumulatif de quatre distances. Ce sera en même temps la disparition du 3000 mètres qui n’est couru qu’à cette compétition et dans ce format. Moribonde depuis quelques années déjà, je ne serai pas de ceux qui vont s’ennuyer de cette distance devenue ennuyeuse à bien des égards. Mais le prestige lui, demeure.

La coupe du monde à Montréal cette fin de semaine servira donc de préparation pour cette ultime compétition. Mieux vaut s’y préparer, car il n’y aura plus de prochaine fois.

Billets au www.courtepiste.ca ou à la porte

Qui surveiller pour la saison 2019-2020

Les coupes du monde en courte piste sont sur le point de débuter et surglace.ca a pensé vous offrir un avant-goût des patineurs à surveiller en cette saison 2019-2020.

Les Canadiens

Les meilleurs patineurs canadiens ont récemment démontré toute l’ampleur de leur préparation estivale, lors des qualifications nationales, et six hommes et six femmes seront prochainement de passage à Salt Lake City et à Montréal afin d’y participer au premier segment nord-américain des Coupes du monde.

Les performances impressionnantes de Steven Dubois il y a deux semaines nous permettent de croire qu’un podium est envisageable à chaque distance à laquelle il participera. Avec une fiche parfaite sur les six distances parcourues aux dernières qualifications, on peut aisément s’attendre au meilleur de sa part. Mais attention, gagner au Canada et gagner à l’international sont deux choses bien différentes. Les stratégies et les trajectoires de course qui fonctionnent bien ici n’offrent aucune garantie contre les meilleurs patineurs des autres pays. Sa récente supériorité en course lui a permis de gagner sans pour autant faire des courses sans faille. Si l’erreur est pardonnable au niveau canadien (aussi mince soit-elle), rien n’est aussi certain contre les meilleurs au monde. À voir.

Toujours du côté des hommes, beaucoup de questions se posent quant à la tenue de Charles Hamelin à la suite de ses multiples blessures et quelques semaines au repos forcé pendant l’été. Une place sur l’équipe de course lui a été octroyée malgré son absence aux qualifications du mois dernier. Il prendra donc part aux Coupes du monde cette année. La forme et la santé devront être aux rendez-vous bien sûr, mais contrairement aux autres patineurs canadiens, il n’aura pu bénéficier d’une première compétition à l’interne pour se remettre dans le bain. Les premiers tests se feront donc « live » sur glace à Salt Lake City.

Du côté des femmes, Kim Boutin jouera une fois de plus les premiers violons. Rien ne laisse présager pour l’instant qu’elle cédera sa place en tant que meneuse au sein de l’équipe féminine bien que la relève soit au rendez-vous. Les qualifications n’ont été pour elle qu’une simple formalité. L’opportunité pour elle de devenir la meilleure patineuse au monde est maintenant plus que jamais à sa portée. Elle a le vent en poupe!

Pour ce qui est de la relève, Alyson Charles sera en mission. Celle qui a gagné plusieurs médailles en Coupe du monde la saison dernière aura en tête de maintenir le cap vers d’autres podiums. Bien qu’elle soit plus à l’aise sur courtes distances, elle a le potentiel pour atteindre des finales A dans chaque distance. À choisir dans votre pool! (s’il en existe un bien sûr…)

Le reste du monde

Côté masculin

Les dernières années ont permis l’éclosion de nouvelles puissances mondiales comme la Russie et les Pays-Bas. C’est toutefois en Hongrie que se passe le plus gros buzz en courte piste ces dernières années. On a qu’à penser aux frères Liu qui ajoutent beaucoup de piquant aux finales A avec des dépassements et une agilité déconcertante. L’équipe masculine est par ailleurs tenante du titre olympique au relais. Ils ont réussi l’exploit titanesque d’avoir remporté la seule et unique médaille d’or olympique hongroise aux jeux d’hiver. L’entraîneure en chef d’origine chinoise Lina Zhang semble décidément avoir trouvé la bonne formule. Tellement que certains ont voulu se joindre à eux afin d’y parfaire leur capacité à gagner.

Prenons en exemple les patineurs Semen Elistratov (Russie), John-Henry Krueger (Américain en phase de naturalisation hongroise) et l’Australienne Deanna Lockett qui se sont joints à eux pendant l’entraînement estival.

Gardons un œil sur Elistratov, peut-être saura-t-il ajouter une corde à son arc en plus de ses désormais classiques et spectaculaires « finish ». Pour ce qui est de Kruger, un accident ayant causé une vilaine coupure à la cuisse le tiendra à l’écart une partie de la saison. Ce n’est que partie remise pour lui puisque nous devons nous attendre à le voir porter l’uniforme hongrois aux prochains Olympiques de Beijing.   

Bien qu’il ait dû manquer une partie de la saison dernière en Coupe du monde, le Chinois Wu Dajing n’était pas au sommet de son art au dernier mondial. Il sera intéressant de voir dans quelle forme se présentera le détenteur du record mondial au 500 mètres.

Du côté des Sud-Coréens, la suspension du champion du monde en titre Lim Hyo Jun se fera probablement sentir. (Pour l’info, il subit actuellement une suspension pour harcèlement envers un autre patineur. Nous vous épargnons les détails. Pas très impressionnant de la part d’un champion de sa trempe). Hwang Dea-Heon devrait toutefois être en mesure de mener la charge. Ne nous inquiétons pas trop pour eux, ils ont une surprenante capacité à remplacer des « top guns » par d’autres « top guns » année après année. La saison 2019-2020 ne devrait pas faire exception.

Côté féminin

Suzanne Schulting est sans contredit la patineuse à surveiller sur le circuit cette année. Son récent titre de championne du monde pourrait lui insuffler une dose supplémentaire de confiance. Reste à voir si elle a d’aussi bonnes aptitudes à gérer la pression d’être désormais la cible de toutes.

La saison 2019-2020 nous donnera droit au retour de la reine des jeux de Pyeongchang, l’italienne Arianna Fontana. La tenante de huit médailles olympiques a pris une année sabbatique l’an dernier. Elle aussi s’est entraînée avec les Hongrois… parlant du buzz hongrois, même la reine n’y a pas échappé.

De son côté, la Britannique championne du monde en 2017 Elise Christie n’a pas impressionné l’an dernier. Elle devra avoir redoublé d’ardeur pendant la saison morte pour demeurer parmi les meilleures au monde. Elle en a la capacité, mais rien n’est acquis dans un sport où les choses évoluent aussi vite.

De la Corée, Choi Min Jeong s’est quant à elle entraînée en terres états-uniennes en compagnie de la Russe Sofia Prosvirnova. Certains signes portent à croire que les choses ne tournent pas rond à la fédération coréenne. Il n’est pas coutume de voir une de leurs meilleures s’expatrier.

Une rumeur pour terminer. À 33 ans, Viktor Ahn préparerait un retour sur glace…

Bonne saison à tous!

Pour acheter des billets pour la coupe du monde ISU de Montréal les 9-10 novembre prochains

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.

Qui surveiller pour la saison 2019-2020

Qui surveiller pour la saison 2019-2020

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Ceux qui partent, ceux qui restent

Ceux qui partent, ceux qui restent

Dans le petit monde du sport canadien, qui n’a pas été surpris de la retraite du patinage de vitesse de Samuel Girard? Champion olympique, athlète dans la fleur de l’âge, talentueux comme peu le sont avec un avenir en or quasi assuré. Faudrait avoir perdu la tête pour...

Ceux qui partent, ceux qui restent

Dans le petit monde du sport canadien, qui n’a pas été surpris de la retraite du patinage de vitesse de Samuel Girard? Champion olympique, athlète dans la fleur de l’âge, talentueux comme peu le sont avec un avenir en or quasi assuré. Faudrait avoir perdu la tête pour quitter l’aventure alors qu’on est finalement assis dans le siège si longtemps convoité du 1er de classe, n’est-ce pas?

Pour être bien honnête avec vous, non. Pas tant que ça. Ça prend une tête solide pour prendre ce genre de décision. Le chemin facile aurait été de continuer, parce que tout pointait dans cette direction. Les coachs, les fans, les journalistes, et il y a fort à parier que le chef du marketing aussi. Ça vend, des médailles d’or.

Pourtant, Samuel ne s’y voyait plus. Qui peut le blâmer? Après tout, son rêve d’enfance était déjà réalisé à l’âge de 21 ans! Pas besoin de se retaper les qualifications, les entraînements à haute intensité qui donnent le goût de vomir, la vie de moine 11 mois par année. Sans parler du fait que les jeux reviennent aux quatre ans. Pourchasser un rêve lorsqu’il se pointe une fois aux 4 ans, ça peut être long. Imaginez quand on réussit du 1er coup. Le jackpot.

Le reste c’est du gravy. Je reste si ça me tente. Sinon, vous savez quoi? Been there, done that. Ciao la gang. Et personne ne va jamais pouvoir t’enlever ta médaille. C’est la beauté de la chose. Peu importe ce que tu vas réussir ou échouer dans le reste de ta vie, tu seras pour toujours un champion olympique dans la tête des gens, et dans la tienne aussi. C’est très sécurisant comme sentiment.

Mais. Il y a toujours un mais. 

Mais ceux qui décident de rester après les succès? Kim Boutin, triple médaillée à ses 1ers jeux, toujours active. Charles Hamelin, 36 ans, quintuple médaillé et toujours actif. Comment dure-t-on deux, trois ou même quatre cycles olympiques? Oui, il y a le plaisir à faire ce qu’on fait, mais la réponse est plus complexe. Existe-t-elle simplement? Chacun doit trouver sa recette pour durer. 

Bien que pour Charles l’idée de quitter ne lui ait jamais effleurée l’esprit, la chose fut plus difficile pour Kim. Le succès flamboyant des jeux de Pyeongchang, le tourbillon médiatique, tomber dans un rôle de vétéran et modèle pour les jeunes du jour au lendemain, c’était peut-être beaucoup. Elle dû chercher et se demander si elle avait le gout de continuer, et si oui, dans quelles conditions. Après autant de succès, c’est quoi le prochain défi?

J’ai vu beaucoup d’athlètes quitter sans se poser les bonnes questions, ou rester sans trop savoir pourquoi. Je suis admiratif de ceux qui vont au fond de la question et font les choses pour les bonnes raisons. Pour ne citer qu’elle en exemple, Kim en est un parfait. 

Sa solution : profiter de la saison estivale pour aller patiner avec les meilleurs au monde dans la Mecque du patinage de vitesse aux Pays-Bas. Son premier constat fut sans équivoque. Les athlètes canadiens ont tout ce qu’ils désirent pour réussir. Rien à envier aux autres que ce soit au niveau de l’encadrement professionnel ou des infrastructures. Nous évoluons dans un environnement privilégié, il faut parfois se le rappeler. Deuxième constat, être un modèle pour les autres est une motivation sans pareille pour se dépasser tous les jours. Partie pour 2 semaines, elle est revenue après une. C’était réglé.

Kim ira bruler les podiums pour une année de plus. Admirons là pour avoir questionné ses motivations et d’en avoir trouvé des nouvelles. Grâce à ce questionnement, nous aurons job facile d’applaudir ses prochains succès.

Samuel a décidé de quitter le patin, et Kim a décidé de rester. Qui a raison? 

My two cents : les deux.  Je les admire pour la même raison : leur sagesse.

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.

Qui surveiller pour la saison 2019-2020

Qui surveiller pour la saison 2019-2020

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Ceux qui partent, ceux qui restent

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Le tourbillon des qualifications canadiennes, ça passe ou ça casse

La saison des compétitions en courte piste est sur le point de débuter et c’est cette fin de semaine qu’on aura la chance de revoir les meilleurs athlètes au pays se mesurer les uns aux autres dans une compétition avec un réel enjeu! Alors que les stratégies ont été testées à l’occasion d’une compétition provinciale du circuit Élite la fin de semaine dernière, ils sont fin prêts.

Rien de tel pour commencer une saison qu’une compétition en famille, entre Canadiens, afin de déterminer qui aura le droit de parcourir la planète afin de briller sur la scène internationale pour la saison 2019-2020.

Ah, ces fameuses qualifications canadiennes. Ce moment de l’année où on met cartes sur table. Les qualités démontrées en entraînement seront certes un indicateur à savoir qui surveiller. Mais quiconque a déjà assisté à cette compétition sait trop bien à quel point elle peut être crève-cœur. Les performances hallucinantes d’un tel en camp d’entraînement ne lui serviront à rien si le stress l’emporte. Et à l’inverse, un patineur au sens aiguisé de la course peut s’en sortir beaucoup mieux que peuvent le laisser présager ses capacités en entraînement. Évidemment la clé est de combiner les deux, plus facile à dire qu’à faire. Je peux en témoigner.

Ceux qui me connaissent savent à quel point ces qualifications canadiennes qui reviennent annuellement m’ont profondément marqué. Et pour cause! Ici, tout se joue. Une chute dans ta distance de prédilection et ouf… ça se complique mon ami. L’opportunité rêvée et / ou attendue de rivaliser avec les autres pays peut s’envoler l’instant de déposer le patin au mauvais endroit. Une chute, un mauvais dépassement, une stratégie mal exécutée ou un grain de sable laissé par la zamboni en plein milieu du virage peut bousiller le reste de ta saison.

…Une victoire… et c’est l’apothéose. Que de stress qui tombe et de sourires qui apparaissent.

Pourtant tout ceci n’est que le début et on est encore loin d’une victoire aux mondiaux. Vous ne rêverez pas, les cris de joie seront bien réels à la ligne d’arrivée de chacune des grandes finales prévues au programme ce weekend.

Bienvenue dans le tourbillon des « qualifs ». Ce moment charnière de la saison.

Les choses ont évoluées rapidement en courte piste ces derniers mois. On n’a qu’à penser aux départs de Samuel Girard, de Charle Cournoyer, de Kassandra Bradette ou de l’entraîneur en chef Éric Bédard, et j’en passe. La saison 2019 sera donc différente de tout ce qu’on a vu dans le passé. Et justement, avec tout ce mouvement de personnel, voici un aperçu de quoi surveiller cette fin de semaine à l’aréna Maurice-Richard.

Du côté des femmes, on s’attend de toute évidence à voir briller la championne et meneuse d’équipe Kim Boutin. Ses performances en 2moitié de saison l’année dernière démontrent qu’elle n’a pas l’intention de ralentir. Elle ne sera toutefois pas seule, une pléiade de nouveaux talents ont fait leur apparition l’année dernière. Les performances impressionnantes d’Alyson Charles et Courtney Sarault en coupe du monde ont fait tourner les têtes. Sauront-elles continuer leurs ascensions? 

D’autres auront une 2chance de revenir au plus chaud de la bataille. Par exemple, Camille Rainville qui revient d’une opération à la cheville aura l’occasion de démontrer tout le chemin parcouru depuis son retour sur glace. Ou encore Genève Bélanger ayant passé de durs moments à sortir du marasme du surentraînement pourrait fort être la surprise du weekend.

Du côté masculin, l’absence de Samuel Girard aura peut-être laissé des marques au sein du groupe d’entraînement. Perdre une locomotive (et le terme est juste) comme Samuel ne peut que laisser un vide en entraînement. Et que dire de la blessure à la cheville de Charles Hamelin combinée à une blessure au genou l’ayant tenu à l’écart de l’entraînement une bonne partie de l’été. Il ne sera d’ailleurs pas de la compétition cette fin de semaine. La table est donc mise pour un renouveau au sein de l’équipe nationale. 

Il y a bien sûr les Steven Dubois et Pascal Dion, talents indéniables, qui devront pour une 1ere fois patiner en tant que leaders du groupe.  Certains comme Maxime Laoun après plusieurs années à être passé tout près du but sera affamé et prêt à saisir sa chance.

Si vous me cherchez, ce weekend je serai bien assis au fond de mon pas très confortable strapontin Maurice-Richardien à regarder les courses. Si les Olympiques restent à jamais l’événement le plus marquant d’une carrière, une victoire aux qualifications demeure celui qui fait le plus de bien.

Bonne chance à tous. Game on.

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.

Comment réussir votre Small Talk estival avec un patineur de vitesse

« As-tu commencé l’entrnement pour ton tournoi? » Cette question, on l’entend souvent quand on est un patineur de vitesse. On peut passer ça sur le dos du fait qu’au Québec, la culture du hockey l’emporte souvent sur le reste. Comme patineur, on s’y habitue. Un tournoi, c’est comme ça que s’appelle au hockey, une compétition. En patinage de vitesse, ça s’appelle … une compétition!

En ce mois d’août, voici un guide pour vous outiller davantage dans le but de faire du « small talk » avec votre interlocuteur patineur de vitesse sans le faire tiquer du coin de l’œil en soupirant poliment un « oui ». Alternativement, vous pourriez opter pour : « Comment va l’entraînement en vue de tes compétitions? »

Parce qu’il faut aussi savoir qu’au mois d’août, ils ne font pas que commencer à s’entraîner. La réalité est plutôt que les entraînements ont commencé il y a quatre mois! Au fait, quelques-uns d’entre eux ne sauraient vous dire s’ils ont commencé l’entraînement au mois d’avril 2019, ou de quelle année. Le hiatus de deux semaines qu’ont historiquement bénéficié annuellement les patineurs de l’équipe nationale peut, selon la personne, faire figure de simple interlude dans les multiples phases d’entraînement, ou de réelles vacances entre deux saisons.

Donc, en août 2019, Charles Hamelin a-t-il commencé son entraînement en vue des compétitions pour la saison? Oui, en 2005…

De manière plus sérieuse cette fois, à cette période de l’année, les patineurs sont-ils en forme de compétition oui ou non? Un patineur de l’équipe nationale commence typiquement l’année avec une période de 2 semaines à 1 mois de vacances à la suite de la dernière compétition de l’année (les championnats du monde pour les meilleurs au pays). Cette période se situe normalement fin mars ou début avril. Donc ceux qui rêvaient d’aller faire le tour des festivals au Québec pendant leurs vacances, faudra changer de carrière. On est ici plutôt dans les cabanes à sucre et les visites en familles pour profiter de ce qui reste du ski de printemps.

Le temps de se refaire une santé mentale à la hauteur de ce qu’on attend d’un athlète olympique (i.e. être capable de s’entraîner 10 x fois plus que ton voisin qui se vante d’avoir réussi son demi-marathon sans pour autant compter les dodos avant ta prochaine journée sans avoir mal aux jambes) et faire le plein d’amitiés laissées de côté pendant 11 mois. Puis hop. L’entraînement recommence. Celui-ci sera modulé selon les différents cycles d’entraînement, soit axé sur le volume (de très long entraînement à plus basse intensité) ou l’intensité, en y mélangeant les phases de préparations mentales et stratégiques.

Ensuite, et c’est une bonne chose, les entraîneurs parsèment des périodes supplémentaires de congés ici et là pendant la saison estivale afin de donner un peu de repos en vue des gros mois de l’hiver.

Donc typiquement, oui ils sont en forme à ce stade-ci. Pas en forme de compétition, mais plutôt en forme adéquate pour affronter le reste de la saison en santé avec le bagage nécessaire pour y compléter des phases plus spécifiques aux compétitions. Un athlète mal préparé en saison estivale risque fort de peiner à terminer la saison sans tomber dans le surentraînement. Tout est dans le timing et le dosage.

Ne vous laissez pas avoir par la dernière photo Instagram de vos patineurs préférés dans les Bahamas ou les Hautes-Laurentides à bord d’un kayak perdu dans les bois. Ils n’ont pas passé les derniers mois de canicule à parcourir la planète. Ils se sont entraînés six jours sur sept, trois fois par jour, comme de vrais passionnés qui rêvent un jour d’accéder à la plus haute marche du podium aux olympiques. C’est la seule recette pour y arriver.

Alors si vous avez la chance de faire du « small talk » avec un patineur devant une IPA trop houblonnée sur une terrasse bondée d’un quartier cool (ou pas), profitez-en pour lui demander s’il a hâte aux compétitions. Je parie que la réponse sera passionnante.

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.