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La saison des compétitions en courte piste est sur le point de débuter et c’est cette fin de semaine qu’on aura la chance de revoir les meilleurs athlètes au pays se mesurer les uns aux autres dans une compétition avec un réel enjeu! Alors que les stratégies ont été testées à l’occasion d’une compétition provinciale du circuit Élite la fin de semaine dernière, ils sont fin prêts.

Rien de tel pour commencer une saison qu’une compétition en famille, entre Canadiens, afin de déterminer qui aura le droit de parcourir la planète afin de briller sur la scène internationale pour la saison 2019-2020.

Ah, ces fameuses qualifications canadiennes. Ce moment de l’année où on met cartes sur table. Les qualités démontrées en entraînement seront certes un indicateur à savoir qui surveiller. Mais quiconque a déjà assisté à cette compétition sait trop bien à quel point elle peut être crève-cœur. Les performances hallucinantes d’un tel en camp d’entraînement ne lui serviront à rien si le stress l’emporte. Et à l’inverse, un patineur au sens aiguisé de la course peut s’en sortir beaucoup mieux que peuvent le laisser présager ses capacités en entraînement. Évidemment la clé est de combiner les deux, plus facile à dire qu’à faire. Je peux en témoigner.

Ceux qui me connaissent savent à quel point ces qualifications canadiennes qui reviennent annuellement m’ont profondément marqué. Et pour cause! Ici, tout se joue. Une chute dans ta distance de prédilection et ouf… ça se complique mon ami. L’opportunité rêvée et / ou attendue de rivaliser avec les autres pays peut s’envoler l’instant de déposer le patin au mauvais endroit. Une chute, un mauvais dépassement, une stratégie mal exécutée ou un grain de sable laissé par la zamboni en plein milieu du virage peut bousiller le reste de ta saison.

…Une victoire… et c’est l’apothéose. Que de stress qui tombe et de sourires qui apparaissent.

Pourtant tout ceci n’est que le début et on est encore loin d’une victoire aux mondiaux. Vous ne rêverez pas, les cris de joie seront bien réels à la ligne d’arrivée de chacune des grandes finales prévues au programme ce weekend.

Bienvenue dans le tourbillon des « qualifs ». Ce moment charnière de la saison.

Les choses ont évoluées rapidement en courte piste ces derniers mois. On n’a qu’à penser aux départs de Samuel Girard, de Charle Cournoyer, de Kassandra Bradette ou de l’entraîneur en chef Éric Bédard, et j’en passe. La saison 2019 sera donc différente de tout ce qu’on a vu dans le passé. Et justement, avec tout ce mouvement de personnel, voici un aperçu de quoi surveiller cette fin de semaine à l’aréna Maurice-Richard.

Du côté des femmes, on s’attend de toute évidence à voir briller la championne et meneuse d’équipe Kim Boutin. Ses performances en 2moitié de saison l’année dernière démontrent qu’elle n’a pas l’intention de ralentir. Elle ne sera toutefois pas seule, une pléiade de nouveaux talents ont fait leur apparition l’année dernière. Les performances impressionnantes d’Alyson Charles et Courtney Sarault en coupe du monde ont fait tourner les têtes. Sauront-elles continuer leurs ascensions? 

D’autres auront une 2chance de revenir au plus chaud de la bataille. Par exemple, Camille Rainville qui revient d’une opération à la cheville aura l’occasion de démontrer tout le chemin parcouru depuis son retour sur glace. Ou encore Genève Bélanger ayant passé de durs moments à sortir du marasme du surentraînement pourrait fort être la surprise du weekend.

Du côté masculin, l’absence de Samuel Girard aura peut-être laissé des marques au sein du groupe d’entraînement. Perdre une locomotive (et le terme est juste) comme Samuel ne peut que laisser un vide en entraînement. Et que dire de la blessure à la cheville de Charles Hamelin combinée à une blessure au genou l’ayant tenu à l’écart de l’entraînement une bonne partie de l’été. Il ne sera d’ailleurs pas de la compétition cette fin de semaine. La table est donc mise pour un renouveau au sein de l’équipe nationale. 

Il y a bien sûr les Steven Dubois et Pascal Dion, talents indéniables, qui devront pour une 1ere fois patiner en tant que leaders du groupe.  Certains comme Maxime Laoun après plusieurs années à être passé tout près du but sera affamé et prêt à saisir sa chance.

Si vous me cherchez, ce weekend je serai bien assis au fond de mon pas très confortable strapontin Maurice-Richardien à regarder les courses. Si les Olympiques restent à jamais l’événement le plus marquant d’une carrière, une victoire aux qualifications demeure celui qui fait le plus de bien.

Bonne chance à tous. Game on.

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.