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Finalement!  Les Championnats ISU des Quatre Continents

Je dis finalement parce que j’ai passé une bonne partie de ma carrière de patineur à me demander pourquoi les patineurs Européens avaient droit à leurs Championnats Européens, tandis que nous, Canadiens, n’avions… rien. Il fallait s’organiser des compétitions de notre bord et inviter nous-mêmes les autres pays pour se donner une chance de vivre un peu des courses en compagnie d’autres nations en dehors des Coupes du monde et des Mondiaux. Et quand ça fonctionnait, on recevait souvent les équipes B des pays invités, puisque ceux-ci avaient d’autres plans que de venir patiner de l’autre côté de l’océan pour des médailles en chocolat…

J’étais quand même un peu jaloux. Certains patineurs que j’avais battus à répétition avaient le luxe de se faire nommer à la ligne de départ au son de la voix de l’annonceur maison : « En 4e position sur la ligne de départ, le champion européen en titre… ». Bien sûr, il y a le titre qui aide à entretenir un peu de reluisant prestige, mais aussi les bourses! Ils avaient des bourses tout de même intéressantes ces chanceux d’Européens. C’est une compétition sanctionnée ISU et les bourses, si ma mémoire ne flanche pas pour une fois, étaient comparables à celles des Mondiaux. Pour avoir la même bourse, nous, pauvres Canadiens, devions nous taper des grandes finales aux Mondiaux en compagnie des Chinois, Coréens, Américains … et des Européens aussi! Misère, quand tu nous tiens…

(*** Précision pour les amateurs d’argent [levez la main!] : pour amasser une cagnotte comparable à celle du gagnant de la coupe Rogers, par comparaison, il aurait fallu gagner près de 100 fois les Mondiaux, et encore. Voilà, ça replace un peu les ordres de grandeur. Bienvenue dans le monde des sports olympiques qu’on voit à la télé une fois aux quatre ans.)

Bien sûr, j’exagère mon propos, mais reste que j’ai souvent eu l’impression d’un système à deux poids, deux mesures. Pourquoi eux et pas nous? Après tout, les Coréens, Chinois et Japonais avaient leurs Jeux asiatiques. Au nombre de champions qu’on avait produits au fil des ans, n’avions-nous pas droit à un championnat équivalent? Les opportunités d’être sur une ligne de départ au plus haut niveau étaient plus rares pour un Canadien et un Américain.

Bref. Trêve de jalousie, cette époque est révolue puisque les tout nouveaux Championnats des quatre Continents est maintenant une réalité, et grand bien nous fasse, se dérouleront à Montréal, en janvier. Pour les intéressés, fans, fanatiques et accompagnateurs de fans et fanatiques, réservez votre weekend du 10 au 12 janvier. On me dit qu’une grande promotion est en cours jusqu’au 20 décembre!

En résumé, que sont les Championnats des quatre Continents? Une compétition qui regroupe les meilleurs au monde en patinage de vitesse courte piste à l’exception des Européens, qui ont déjà leurs Championnats européens. Cette compétition offre une fenêtre d’opportunité exceptionnelle pour s’entraîner à gagner dans des circonstances où la pression est présente et peut jouer sur l’issu des courses. C’est un outil de plus pour se conditionner à performer aux prochains Olympiques. Mais par-dessus tout, ce sont des Championnats prestigieux à gagner. De véritables trains sur lames comme les Coréens Hwang Dae-Heon ou Choi Min Jeong ne se laisseront guère battre facilement. Ces Championnats n’ont encore jamais été gagnés. Plusieurs lorgnent avec raison la coupe encore toute neuve du champion.

Du côté canadien, on surveillera Kim Boutin et Courney Sarault chez les femmes et Steven Dubois et Charles Hamelin chez les hommes. Nos chances sont excellentes si on se fie aux performances de Boutin qui n’a pas raté un seul podium depuis le début de la saison des Coupes du monde. Pour ce qui est des hommes, les médailles sont plus rares, mais Dubois s’est déjà signalé au 1000 mètres et au 500m, il est un abonné des grandes finales. Rien de tel que de patiner devant la foule locale pour se donner des jambes de feu.

Fait à noter, l’ISU (International Skating Union) avait mis une condition à l’existence de ces Championnats : qu’ils aient lieu à Montréal et nulle part ailleurs! Un signe comme quoi Montréal a fait sa place comme l’une des capitales du monde en courte piste. Sinon, LA capitale à mon humble avis.

Amateurs de quatre continents, levez la main!

Horaire ou information, www.courtepiste.ca

Francois-Louis Tremblay

Francois-Louis Tremblay

Chroniqueur - surglace.ca

Patineur de vitesse courte piste à la retraite depuis 2013. Il a participé aux Jeux Olympique de 2002, 2006 et 2010. Il est l’homme le plus médaillé de l’histoire des jeux d’hiver ex aequo avec Charles Hamelin et Marc Gagnon avec 5 médailles.